Justice Pour Pierre et Yann
La contestation et la grève demeurent aujourd’hui encore des moyens de lutte reconnus et légaux, même si certains désireraient les voir privés de tout contenu, sinon totalement abolis…
La lutte contre la LRU et les divers mouvements d’occupation, un peu partout dans l’hexagone, et notamment à Perpignan, ont montré une grande détermination et le plus souvent une grande maturité.
Les adversaires de cette lutte, et ils sont nombreux, ont montré tout au long du conflit le peu de cas qu’ils font d’une simple attitude « démocratique », eux qui ne se privent jamais de parler au nom de cette même « démocratie »…
Une importante partie de la communauté « universitaire », sur Perpignan notamment, a joué le pourrissement du conflit quasiment dès son origine…
Malgré les votes successifs et majoritaires en faveur du blocage de la Fac, les manoeuvres n’ont jamais cessé, manoeuvres qui tendaient à discréditer et le mouvement et ses porte-parole les plus en vue !
Les responsables de l’Université ne reculèrent devant rien allant même jusqu’à entretenir un climat d’affrontement au besoin en permettant aux anti-grévistes de disposer, tout au long du conflit, d’un amphi (l’Amphi 3) situé à une centaine de mètres de l’Amphi 4, tenu par les grévistes…
Aujourd’hui le président de l’U.P.V.D. et une partie des enseignants opposés au mouvement de grève, ont assigné en « justice »deux camarades étudiants, militants tous deux de la Coordination des Groupes Anarchistes et du syndicat SUD Etudiant, aux fallacieux motifs de « dégradations ; vol ; menaces de mort… ».
Ce sont ces mêmes enseignants qui se sont illustrés, sans ambiguïté aucune, par des attitudes provocatrices voire violentes. Des attitudes manquant totalement de « mesure » d’autant qu’elles émanaient d’adultes ayant la tâche d’instruire, de guider, d’encadrer, d’aider mais jamais, au grand jamais, d’insulter, de provoquer, de frapper etc…
Sur la base des plaintes déposées par les instances de l'Université et par ces enseignants, mercredi 19 décembre au petit matin Yann et Pierre, ont été arrêtés à leur domicile. La police a procédé à une perquisition à leur domicile et à la saisie des ordinateurs.
Nos deux camarades font les frais de la volonté du pouvoir de discréditer et criminaliser partout la lutte contre la LRU qui agite les universités depuis le mois d'octobre.
A l'issue d'une garde à vue de 48h, aucune des charges initiales n’a été retenues contre eux. Des plaintes nominatives d'insultes ont été déposées par des enseignants à l'encontre de Pierre et Yann.
Uniquement à partir de ces accusations, ils sont placés sous contrôle judiciaire :
- il leur est interdit de sortir des limites territoriales : le département des Pyrénées-Orientales,
- il leur est interdit de se rendre à l'Université de Perpignan, sur le campus universitaire, au restaurant universitaire,
- il doivent s’abstenir de tout contact entre eux…
Alors qu'il y a présomption d'innocence, ce type de contrôle tend à accréditer la thèse inepte que Yann et Pierre sont de dangereux individus, qu’ils sont coupables avant même d’avoir été jugés ! Pierre et Yann n’ont reconnu aucun des actes, aucune des déclarations, aucune des charges qui leur étaient imputés !
Un des effets de ces mesures iniques revient à interdire à nos camarades d'aller à la fac et donc de poursuivre leurs études.
C’est démentiel dès lors que les « plaignants » déclaraient n’agir qu’en vertu de la seule « liberté pour tous de suivre les cours ..»
Nous dénonçons ces pratiques qui font encore monter d'un cran la répression sur les mouvements étudiants. Nous dénonçons ces mesures d'acharnement qui ont pour but de les faire rentrer dans le rang.
-Nous réclamons l'annulation du contrôle judiciaire infondé auquel Yann et Pierre sont soumis.
-Nous dénonçons par avance toute tentation de monter artificiellement des poursuites contre eux.
-Nous réclamons l’arrêt de la procédure à l’encontre de Pierre et Yann
-Nous appelons l'ensemble des acteurs des luttes étudiantes et plus largement du mouvement social à se solidariser et à réagir à ces tentatives de criminalisation des luttes.
Pour signer cette pétition, envoyez nom et prénom, adresse et profession au Comité "Justice pour Yann et Pierre" : comite_justice@yahoo.fr
jeudi 10 janvier 2008
vendredi 21 décembre 2007
XXXII
32. C'est le nombre de jours qu'aura duré l'occupation des locaux de l'UPPA(Université Populaire Paloise Autogérée), durant lesquels nous avons découvert des personnalités admirables:
- le président lui-même, Mr Hualdeborde, débordant d'une déresponsabilité certaine et disposant de moyens de communication restreints à de simples messages électroniques non dactylographiés par sa main droite;
-Mr Machu, doyen de Lettres, collègue d'un jour, ennemi d'un soir;
-Mr Loudet, doyen de Sciences, détenteur d'une définition du terme "scientifique" qui lui est personnelle;
-Mr Lemoulan, doyen de Droit, spectateur assidu de la très sympathique intervention des individus aux lacunes capillaires flagrantes: nous voulons ici parler des CRS(Coordination Révolutionnaire Salutaire).
Face à ces figures emblématiques de l'administration universitaire paloise, nos Assemblées Générales demeurent comme les seuls lieux d'expression et de débat concernant la loi relative aux Libertés et Responsalités des Universités(LRU).Aux votes exemplaires organisés par des étudiants du Comité de Lutte et des étudiants défavorables au blocage, s'ajoutent nos délégations reçues aux différents Conseils d'Administration, où nos motions "auraient été entendues"...
Par un mail provenant de la présidence appelant à la reprise des cours le jeudi 6 décembre, les étudiants palois auront eu la connaissance de sa mauvaise foi et de son insouciante inconscience, puisque l'Assemblée Générale de l'avant-veille avait statué sur la continuité du blocage.
Preuve de son incapacité décisionnelle, l'intervention des CRS - outre, une première fois à 7h et quelques - ne s'est réalisée qu'à 8h45, pour une reprise des cours initialement prévue à 8h. Ironie Circonstancielle?
Nous autres "dégénérés et petits cons", selon les dires du doyen de Droit, avons été capables d'organiser dees manifestations d'envergure, des actions regroupant plusieurs centaines de personnes. Ces dernières, ingénieuses, ont été aussi nombreuses que réussies: péage gratuit, blocage du rond-point d'la foire expo, lavage du linge sale en famille, pièce de théâtre visant à expliquer la LRU à la mairie et à la Place Clémenceau, action au local UMP.
Par ailleurs, le soutien apporté par les lycéens palois(de St Cricq, St John Perse, Barthou) et de Lescar a signifié l'ampleur de la mobilisation, cependant étouffée par des administrations à la solde de leur hiérarchie gouvernementale.
Après tant d'efforts ostensiblement mis à mal par le président, nous ne pouvons nous résigner devant l'acharnement affiché par un quelconque groupuscule administratif(et vous savez ce qu'elle vaut et à quoi elle sert l'administration de notre mère patrie) de nous faire admettre un fatalisme béât, prouvant ainsi l'absence totale de prise en compte de nos revendications légitimes, intersyndicales, asyndiquées, altermondialistes et anarchistes.
Sous nos aspirations marxo-communo-lenino-trotsko-stalino-stakhano-mao-khmer-anarcho
-facho-terroristes, nous condamnons ouvertement la manipulation administrativo-médiatico-politique visant à restreindre nos luttes savamment construites en de vulgaires agissements n'ayant aucune raison d'être aux yeux de nos dirigeants, dont la devise se résume en ces termes: FERME TA GUEULE ET MARCHE DROIT DE PREFERENCE BIEN A DROITE.
Le Comité de Lutte.
- le président lui-même, Mr Hualdeborde, débordant d'une déresponsabilité certaine et disposant de moyens de communication restreints à de simples messages électroniques non dactylographiés par sa main droite;
-Mr Machu, doyen de Lettres, collègue d'un jour, ennemi d'un soir;
-Mr Loudet, doyen de Sciences, détenteur d'une définition du terme "scientifique" qui lui est personnelle;
-Mr Lemoulan, doyen de Droit, spectateur assidu de la très sympathique intervention des individus aux lacunes capillaires flagrantes: nous voulons ici parler des CRS(Coordination Révolutionnaire Salutaire).
Face à ces figures emblématiques de l'administration universitaire paloise, nos Assemblées Générales demeurent comme les seuls lieux d'expression et de débat concernant la loi relative aux Libertés et Responsalités des Universités(LRU).Aux votes exemplaires organisés par des étudiants du Comité de Lutte et des étudiants défavorables au blocage, s'ajoutent nos délégations reçues aux différents Conseils d'Administration, où nos motions "auraient été entendues"...
Par un mail provenant de la présidence appelant à la reprise des cours le jeudi 6 décembre, les étudiants palois auront eu la connaissance de sa mauvaise foi et de son insouciante inconscience, puisque l'Assemblée Générale de l'avant-veille avait statué sur la continuité du blocage.
Preuve de son incapacité décisionnelle, l'intervention des CRS - outre, une première fois à 7h et quelques - ne s'est réalisée qu'à 8h45, pour une reprise des cours initialement prévue à 8h. Ironie Circonstancielle?
Nous autres "dégénérés et petits cons", selon les dires du doyen de Droit, avons été capables d'organiser dees manifestations d'envergure, des actions regroupant plusieurs centaines de personnes. Ces dernières, ingénieuses, ont été aussi nombreuses que réussies: péage gratuit, blocage du rond-point d'la foire expo, lavage du linge sale en famille, pièce de théâtre visant à expliquer la LRU à la mairie et à la Place Clémenceau, action au local UMP.
Par ailleurs, le soutien apporté par les lycéens palois(de St Cricq, St John Perse, Barthou) et de Lescar a signifié l'ampleur de la mobilisation, cependant étouffée par des administrations à la solde de leur hiérarchie gouvernementale.
Après tant d'efforts ostensiblement mis à mal par le président, nous ne pouvons nous résigner devant l'acharnement affiché par un quelconque groupuscule administratif(et vous savez ce qu'elle vaut et à quoi elle sert l'administration de notre mère patrie) de nous faire admettre un fatalisme béât, prouvant ainsi l'absence totale de prise en compte de nos revendications légitimes, intersyndicales, asyndiquées, altermondialistes et anarchistes.
Sous nos aspirations marxo-communo-lenino-trotsko-stalino-stakhano-mao-khmer-anarcho
-facho-terroristes, nous condamnons ouvertement la manipulation administrativo-médiatico-politique visant à restreindre nos luttes savamment construites en de vulgaires agissements n'ayant aucune raison d'être aux yeux de nos dirigeants, dont la devise se résume en ces termes: FERME TA GUEULE ET MARCHE DROIT DE PREFERENCE BIEN A DROITE.
Le Comité de Lutte.
mercredi 12 décembre 2007
Répression à l'université, témoignage d'une enseignante
La répression sévie aussi ailleurs!
Bonjour à tous, Ma fac (Lyon II) s'enfonce tous les jours un peu plus dans le mépris des étudiants et dans un logique policière qui m'inquiète profondément., Les médias ne nous suivent pas, ne relayent rien, s'auto censurent ou se font censurer., Tout a commencé avec la Loi Pécresse de réforme des Universités, signée dans la précipitation cet été par le président de la fac, Monsieur Journès.Certains étudiants et enseignants s'opposent à cette loi., Les étudiants ont choisi le blocage de l'Université comme mode d'action. On peut être pour ou contre, je ne suis pas sûre que ce choix ai rendu service aux manifestants et à leur image mais aujourd'hui, à la limite, peu importe. On a, pour l'instant, dépassé ce débat.
Depuis quelques jours, le président de l'Université a fait appel aux "forces de l'ordre": des vigiles privés, très jeunes, non asermentés, arrogants et dépassés par les événements, patrouillent dans la fac avec au bras un brassard orange marqué "sécurité". Ils apostrophent tout le monde, tutoient tout le monde, et nous demandent de justifier de notre présence dans l'Université en montrant notre carte "cumul" (une carte magnétique d'étudiant ou d'enseignant qui sert aussi de carte de bibliothèque et de carte... de paiement dans l'enceinte de la fac... ce qui, en soit, ne me plaît déjà pas beaucoup).
Il semble bon de rappeler qu'une Université est, selon la loi, un "établissement public à vocation scientifique et culturelle"...
Les étudiants qui manifestaient scandaient à l'encontre des vigiles, hier matin: "Voyous, racailles." Car certains d'entre eux s'amusent à retenir les étudiantes pour les draguer, d'autres en sont venus aux mains avec des étudiants de leur âge, une étudiante a été "étranglée" avec son écharpe pour qu'elle dégage un passage.
A l'entrée principale du campus de Bron, et rue Chevreul sur lle campus des quais du Rhône, dès 7h30 le matin, tous les jours, les CRS arrivent pour déloger les étudiants qui protestent. 9 cars de CRS devant le campus de Bron, 9 cars de CRS devant le campus des quais de Rhône. Ils sont, régulièrement, soutenus par la gendarmerie mobile.
J'étais là, hier matin. Deux de mes étudiantes m'avaient dit avoir été "molestées" par les CRS la veille et voulaient que j'en sois témoin. Eh bien oui, ils les plaquent au sol, les jettent plus loin, les matraquent dans le ventre et sur la tête.
Sur les quais, hier, deux leaders syndicaux étudiants (un de Lyon 2, l'autre de Lyon 3) ont été désignés du doigt par des policiers en civil avant d'être poursuivis dans une rue adjacente par les CRS. Ce qui signifie, nous sommes d'accord, qu'un travail préalable "d'information" a été effectué et que ces arrestations sont ciblées pour détruire les mouvements syndicaux.
Les deux hommes sont en garde-à-vue et devraient être déférés à la Justice aujourd'hui même (donc: il existe désormais des comparutions immédiates pour les manifestants, vous serez prévenus). Dans un communiqué odieux et mensonger, la présidence de la fac dit qu'ils sont "extérieurs à l'Université" et que ces arrestations sont survenues après des troubles. Il n'y a pas eu de troubles autres que la manifestation pacifique, nous sommes plusieurs enseigants à en être témoins. Un étudiant a été blessé et, une fois aux Urgences, a hérité de douze points de suture sur le crâne. Des étudiants ont été mis en joue au flashball.
Des policiers en civils sont toujours là, dont un homme sur mon campus: de "type méditerrannéen", il porte une grosse doudoune noire, un talkie walkie dans une poche, un appareil photo dans l'autre. Lui et ses camarades filment longuement les manifestants. S'ils ont effectivement été convoqués par le président de l'Université dans le seul but de permettre aux étudiants qui veulent suivre les cours d'entrer dans la fac, pourquoi filment-ils? Doit-on ajouter la DGSE à la liste des membres du personnel de l'université?, De notre côté, enseignants ou étudiants, ils nous empêchent un maximum de filmer. Ce qui siginifie que les images disponibles sur youtube et sur dailymotion ne sont pas à la hauteur de la réalité.
Face à cette situation, plusieurs enseignants, dont je suis, ont refusé de faire cours. Je refuse d'entrer dans une fac investie de forces de police, de gendramerie et de vigiles privés non asermentés. Je refuse de montrer des papiers d'identité pour me rendre sur mon lieu de travail. Je refuse de me faire bousculer par des CRS. Je refuse de me faire tutoyer avec mépris par des individus que je ne connais pas. Je refuse d'entendre un vigile insulter un de mes collègues (pourtant munis du sac en cuir typique de l'enseignant, pourtant plus honorable que moi dans l'allure avec ses cheveux blancs) en lui disant "J'vais t'fumer toi, j'vais t'fumer."
Nous ne sommes pas, que je sache, dans un état policier. Ou alors il faut nous le dire clairement, parce que cela signifie que les règles du jeu ont changé. Je croyais que l'on avait le droit de grève dans notre pays. Je crois que ce qui m'inquiète le plus, c'est de recevoir des communiqués de la Présidence affirmant que la situation est désormais "normale"., SI CETTE SITUATION EST NORMALE, JE DEMISSIONNE.
D'autre part, pour permettre l'action des ces policiers, militaires et vigiles, toutes les sorties de sécurité sont bloquées. Certains enseignants et étudiants s'obstinent à faire cours dans une ambiance délétère et dangereuse. Ce qu'ils risquent purement et simplement, en cas d'incendie, c'est de brûler vifs dans des locaux qui sont déjà vétustes.
Je joins à ce message la "Lettre ouverte à la présidence de Lyon 2" rédigée par des enseignants (datée d'avant hier 5 décembre et déjà dépassée par les événements d'hier), ainsi que le dernier message de la présidence elle-même, pour que vous puissiez juger vous-même de la mauvaise foi, du mépris et des ronds de jambe du langage qui se banalisent dans notre environnement politique et médiatique.(*)
Ce message est, bien sûr, à faire passer si vous en ressentez le besoin.
Alice Verstraeten (enseignante à l'université de Lyon II)
(*)n'hésitez pas à demander ces documents au comité de lutte
Bonjour à tous, Ma fac (Lyon II) s'enfonce tous les jours un peu plus dans le mépris des étudiants et dans un logique policière qui m'inquiète profondément., Les médias ne nous suivent pas, ne relayent rien, s'auto censurent ou se font censurer., Tout a commencé avec la Loi Pécresse de réforme des Universités, signée dans la précipitation cet été par le président de la fac, Monsieur Journès.Certains étudiants et enseignants s'opposent à cette loi., Les étudiants ont choisi le blocage de l'Université comme mode d'action. On peut être pour ou contre, je ne suis pas sûre que ce choix ai rendu service aux manifestants et à leur image mais aujourd'hui, à la limite, peu importe. On a, pour l'instant, dépassé ce débat.
Depuis quelques jours, le président de l'Université a fait appel aux "forces de l'ordre": des vigiles privés, très jeunes, non asermentés, arrogants et dépassés par les événements, patrouillent dans la fac avec au bras un brassard orange marqué "sécurité". Ils apostrophent tout le monde, tutoient tout le monde, et nous demandent de justifier de notre présence dans l'Université en montrant notre carte "cumul" (une carte magnétique d'étudiant ou d'enseignant qui sert aussi de carte de bibliothèque et de carte... de paiement dans l'enceinte de la fac... ce qui, en soit, ne me plaît déjà pas beaucoup).
Il semble bon de rappeler qu'une Université est, selon la loi, un "établissement public à vocation scientifique et culturelle"...
Les étudiants qui manifestaient scandaient à l'encontre des vigiles, hier matin: "Voyous, racailles." Car certains d'entre eux s'amusent à retenir les étudiantes pour les draguer, d'autres en sont venus aux mains avec des étudiants de leur âge, une étudiante a été "étranglée" avec son écharpe pour qu'elle dégage un passage.
A l'entrée principale du campus de Bron, et rue Chevreul sur lle campus des quais du Rhône, dès 7h30 le matin, tous les jours, les CRS arrivent pour déloger les étudiants qui protestent. 9 cars de CRS devant le campus de Bron, 9 cars de CRS devant le campus des quais de Rhône. Ils sont, régulièrement, soutenus par la gendarmerie mobile.
J'étais là, hier matin. Deux de mes étudiantes m'avaient dit avoir été "molestées" par les CRS la veille et voulaient que j'en sois témoin. Eh bien oui, ils les plaquent au sol, les jettent plus loin, les matraquent dans le ventre et sur la tête.
Sur les quais, hier, deux leaders syndicaux étudiants (un de Lyon 2, l'autre de Lyon 3) ont été désignés du doigt par des policiers en civil avant d'être poursuivis dans une rue adjacente par les CRS. Ce qui signifie, nous sommes d'accord, qu'un travail préalable "d'information" a été effectué et que ces arrestations sont ciblées pour détruire les mouvements syndicaux.
Les deux hommes sont en garde-à-vue et devraient être déférés à la Justice aujourd'hui même (donc: il existe désormais des comparutions immédiates pour les manifestants, vous serez prévenus). Dans un communiqué odieux et mensonger, la présidence de la fac dit qu'ils sont "extérieurs à l'Université" et que ces arrestations sont survenues après des troubles. Il n'y a pas eu de troubles autres que la manifestation pacifique, nous sommes plusieurs enseigants à en être témoins. Un étudiant a été blessé et, une fois aux Urgences, a hérité de douze points de suture sur le crâne. Des étudiants ont été mis en joue au flashball.
Des policiers en civils sont toujours là, dont un homme sur mon campus: de "type méditerrannéen", il porte une grosse doudoune noire, un talkie walkie dans une poche, un appareil photo dans l'autre. Lui et ses camarades filment longuement les manifestants. S'ils ont effectivement été convoqués par le président de l'Université dans le seul but de permettre aux étudiants qui veulent suivre les cours d'entrer dans la fac, pourquoi filment-ils? Doit-on ajouter la DGSE à la liste des membres du personnel de l'université?, De notre côté, enseignants ou étudiants, ils nous empêchent un maximum de filmer. Ce qui siginifie que les images disponibles sur youtube et sur dailymotion ne sont pas à la hauteur de la réalité.
Face à cette situation, plusieurs enseignants, dont je suis, ont refusé de faire cours. Je refuse d'entrer dans une fac investie de forces de police, de gendramerie et de vigiles privés non asermentés. Je refuse de montrer des papiers d'identité pour me rendre sur mon lieu de travail. Je refuse de me faire bousculer par des CRS. Je refuse de me faire tutoyer avec mépris par des individus que je ne connais pas. Je refuse d'entendre un vigile insulter un de mes collègues (pourtant munis du sac en cuir typique de l'enseignant, pourtant plus honorable que moi dans l'allure avec ses cheveux blancs) en lui disant "J'vais t'fumer toi, j'vais t'fumer."
Nous ne sommes pas, que je sache, dans un état policier. Ou alors il faut nous le dire clairement, parce que cela signifie que les règles du jeu ont changé. Je croyais que l'on avait le droit de grève dans notre pays. Je crois que ce qui m'inquiète le plus, c'est de recevoir des communiqués de la Présidence affirmant que la situation est désormais "normale"., SI CETTE SITUATION EST NORMALE, JE DEMISSIONNE.
D'autre part, pour permettre l'action des ces policiers, militaires et vigiles, toutes les sorties de sécurité sont bloquées. Certains enseignants et étudiants s'obstinent à faire cours dans une ambiance délétère et dangereuse. Ce qu'ils risquent purement et simplement, en cas d'incendie, c'est de brûler vifs dans des locaux qui sont déjà vétustes.
Je joins à ce message la "Lettre ouverte à la présidence de Lyon 2" rédigée par des enseignants (datée d'avant hier 5 décembre et déjà dépassée par les événements d'hier), ainsi que le dernier message de la présidence elle-même, pour que vous puissiez juger vous-même de la mauvaise foi, du mépris et des ronds de jambe du langage qui se banalisent dans notre environnement politique et médiatique.(*)
Ce message est, bien sûr, à faire passer si vous en ressentez le besoin.
Alice Verstraeten (enseignante à l'université de Lyon II)
(*)n'hésitez pas à demander ces documents au comité de lutte
jeudi 6 décembre 2007
Communiqué du comité de lutte des étudiants de Pau : Uhaldeborde : mauvais joueur et irresponsable
Aujourd'hui, les CRS sont intervenus dans l'UFR Droit-Economie-Gestion à la demande de M. Uhaldeborde, président de l'Université, et de M. Lemouland, directeur de l'UFR Droit, pour en expulser les étudiants protestant contre la LRU.
M. Uhaldeborde s'était jusqu'alors engagé à respecter le resultat des Assemblées Générales, or hier il a décidé autoritairement que les cours devaient reprendre malgré le vote massif favorable au blocage du mardi 4 décembre.
Nous condamnons fermement la duplicité de M. Uhaldeborde, qui aurait accepté la décision de cette même assemblée si elle lui avait été favorable.
De plus, le président s'est révélé irresponsable en prenant le risque d'affrontements entre étudiants, comme cela s'est produit dans d'autres universités.
La confrontation n'est restée pacifique que grâce à la résponsabilité des personnes présentes. En consquence, nous demandons la démission du directeur de l'UFR et du président de l'Université.
Nous rappelons que l'université reste bloquée et que seule l'Assemblée Générale qui se tiendra le lundi 10 décembre à 13 heures est légitime pour décider de la poursuite ou de la fin du blocage.
M. Uhaldeborde s'était jusqu'alors engagé à respecter le resultat des Assemblées Générales, or hier il a décidé autoritairement que les cours devaient reprendre malgré le vote massif favorable au blocage du mardi 4 décembre.
Nous condamnons fermement la duplicité de M. Uhaldeborde, qui aurait accepté la décision de cette même assemblée si elle lui avait été favorable.
De plus, le président s'est révélé irresponsable en prenant le risque d'affrontements entre étudiants, comme cela s'est produit dans d'autres universités.
La confrontation n'est restée pacifique que grâce à la résponsabilité des personnes présentes. En consquence, nous demandons la démission du directeur de l'UFR et du président de l'Université.
Nous rappelons que l'université reste bloquée et que seule l'Assemblée Générale qui se tiendra le lundi 10 décembre à 13 heures est légitime pour décider de la poursuite ou de la fin du blocage.
mercredi 5 décembre 2007
Communiqué du comité de lutte des étudiants de Pau : 05/12/2007
Le président de l'UPPA a appelé à une reprise des enseignements le jeudi 6 decembre à 8 heures. Or, l'Assemblée Générale des étudiants réunie le mardi 4 décembre a voté par 1188 voix contre 945 la reconduction du blocage de l'université jusqu'au lundi 10 decembre, prochaine AG.
Le comité de lutte considère cet appel à la reprise des cours comme une incitation à l'affrontement entre étudiants et déplore le manque de résponsabilité de cette démarche.
L'AG est souvernaine et est la seule instance apte à décider la fin de la grève.
Le comité de lutte des étudiants de Pau
Le comité de lutte considère cet appel à la reprise des cours comme une incitation à l'affrontement entre étudiants et déplore le manque de résponsabilité de cette démarche.
L'AG est souvernaine et est la seule instance apte à décider la fin de la grève.
Le comité de lutte des étudiants de Pau
dimanche 2 décembre 2007
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